Je n’aime pas les chiens

Je n’aime pas les chiens.

Vendredi soir dernier, je suis dans le métro et j’aperçois un duo de nos courageux agents de la paix se dirigeant d’un pas ferme vers un groupe de quatre jeunes du voyage. Quand je dis jeune, je veux dire de cet âge flou entre la fin de l’adolescence et les premiers signes d’embourgeoisement qui peuvent arriver entre 20 et 40 ans. Et quand je dis voyage, il faut comprendre sac à dos, vêtements fatigués, etc.

Nos valeureux défenseurs de la loi interpellent la plus jeune du groupe qui a commis l’horrible crime d’emmener son chien dans la station de métro.
Bon, c’est un gros toutou, ça fait peur à certains, etc. Une personne raisonnable aurait demandé à la propriétaire du chien de sortir de la station.

Mais ce n’est pas ce que font nos intrépides policiers. Devant tout le monde, ils lui demandent ses papiers, la gardent avec son chien de longues minutes, empèchent ses camarades d’approcher, bref agissent avec autant de discernement que de tact.

C’est aussi arrivé à une de mes amies, jeune voyageuse elle aussi, qui s’est retrouvée avec une amende de plusieurs centaines de dollars pour le même délit.

Je sens bien que ce harcèlement envers les jeunes provient de plus haut, probablement du conseil de ville.

Ça semble faire partie d’une campagne pour «régler» le problème des jeunes marginaux.
On se souviendra qu’en juin 2007 le conseil de l’arrondissement Ville-Marie a interdit les chiens dans les parcs Viger et Émilie-Gamelin.

«Ils ont mis des pancartes avec des chiens barrés de rouge juste parce qu’ils ne pouvaient pas mettre des pancartes avec des punks barrés de rouge. C’est pas nos chiens qu’ils veulent éliminer, c’est nous»
Chiens interdits dans deux parcs, CyberPresse 2007-06-07.