Haïti

Deux articles intéressant sur la situation à Haïti :
le premier, en français, Haïti: la « malédiction » n’existe pas | LouisPrefontaine.com
Extrait :

Combien de fois entend-on l’expression « malédiction » pour parler du sort d’Haïti? Comme si, à défaut de pouvoir considérer les vraies causes politiques, on préférait toujours s’en remettre à Dieu. Plus facile. Moins dangereux. Dieu, il ne rend pas de comptes, après tout. Dieu, on ne peut pas le réélire ou non après quatre ans. L’histoire récente d’Haïti est avant tout celle d’un pays dépossédé, brisé, un pays que des politiques économiques libérales ont démoli.

Ce n’est pas Dieu qui débarqua dans l’île en 1915 et l’occupa pendant vingt ans; ce sont des marines américains qui ont permis à Washington d’abolir l’article de la Constitution qui empêchait les étrangers de détenir des entreprises dans le pays. On expropria des milliers d’habitants, on créa de gigantesques plantations, on permit, grâce à une armée plus occupée à se battre contre son propre peuple qu’autre chose, à 1% de la population de posséder 50% des ressources du pays.

Ce n’est pas Dieu non plus qui appuya pendant des décennies la terrible dictature de Duvalier, plus occupé à s’enrichir qu’à construire un pays digne de ce nom. Ce sont la France et les États-Unis.

Ce n’est pas Dieu non plus qui renversa Aristide, en 2004, après que celui-ci ait de nouveau aboli l’armée (il l’avait fait dans les années 1990, mais avait été renversé par un coup d’État par la suite) et essayé de s’opposer aux privatisations et au contrôle externe du pays, mais bel et bien les États-Unis, le Canada et la France, qui le remplacèrent par un économiste néo-libéral, Gérard Latortue.

le second, en anglois, Haitian Earthquake Relief – Justin Erik Halldór Smith.
Extrait :

While popular wisdom, which Robertson is only echoing, has it that the Haitian Revolution was doomed from the start, in fact it was a glorious revolution, and based on many of the same values that motivated the American revolution 18 years earlier. What then could have made things go so wrong, if not a pact with the devil? The short answer is that even though the American and Haitian (and French) revolutions were motivated by the same values —liberty, equality, and so on— these were values that were never meant to be extended quite so far: they were universal, but only in a local sort of way. The US, still based on a slave economy, was not ready to have a Black republic, sharing in its democratic ideals, so close by. Two centuries of meddling followed, with interventions, puppet governments, anti-communist cronyism, and so on (I’m not going to attempt to summarize the history with names and dates here; for that you have Google), with the result that Haiti is now a fully contained ghetto of the extended United States. Like any ghetto, building codes are different there, and that is why more people died in their earthquake yesterday than would have died in an earthquake of comparable magnitude in Connecticut.

Source de la photo : Tremblement de terre d’Haïti de 2010 – Wikipédia

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