Ne plus se déshumaniser

lettre de Marie-ClaudeUne collaboration spéciale de MCPhoenixa :

En transport en commun, le civisme de base est tout simple : laisser les gens sortir avant d’embarquer, enlever son sac à dos, céder sa place au besoin. Je m’adresse maintenant spécifiquement à la personne qui m’a envoyé un violent coup de coude au sein au métro Lionel-Groulx dans son empressement de courir de la ligne orange à la ligne verte le lundi 29 septembre vers 18 h 30 : j’ai eu mal toute la soirée et j’ai encore mal aujourd’hui.

J’écris ceci parce que même si on ne se connaît pas, et même si on ne se reconnaîtrait pas si on se croisait à nouveau, je cherche à comprendre. Est-ce que le rythme du métro-boulot-dodo est devenu si frénétique que c’est devenu justifié d’agir de la sorte pour gagner deux secondes? Est-ce plutôt un reflet de l’individualisme et de la désensibilisation qui «déshumanisent» : on «fesse» dans le tas sans penser à l’humain qui reçoit le coup? Cet humain est une mère qui elle-même était pressée (puisque nous le sommes tous) d’aller faire le souper pour sa famille, puis conduire sa fille à une pratique sportive et qui aujourd’hui a mal.

Ce billet a été publié dans le Courrier des lecteurs du 3 octobre 2014 | Métro